Sources et méthodes d’un antiquaire du XVIIe siècle: le jésuite Alexandre Wiltheim (1604-1684), « père de l’archéologie luxembourgeoise »

Research output: Contribution to journalArticle

Abstract

Alexandre Wiltheim (1604-1684), auteur d’un manuscrit intitulé Luciliburgensia sive Luxemburgum Romanum, est certainement l’une des figures majeures de la vie intellectuelle dans les Pays-Bas méridionaux du XVIIe siècle. Pendant trois décennies, cet antiquaire jésuite a parcouru le duché de Luxembourg afin d’étudier son passé romain et, aujourd’hui, il est bien souvent considéré comme le « père de l’archéologie luxembourgeoise ». Cet article entend mettre en exergue les sources et la méthodologie qu’il a mises en œuvre.
Un premier point de cette contribution est consacré au repérage et à la découverte des vestiges antiques. La grande diversité de sources utilisées par l’auteur y est mise en évidence : comme de nombreux antiquaires européens, il a eu recours aux itinéraires antiques, aux traditions locales, aux travaux d’érudits modernes et à ses réseaux de contacts. De manière beaucoup plus originale, il utilise aussi la toponymie, à partir de sources franques, et des observations topographiques.
Le deuxième point porte sur la place de l’observation dans le processus d’étude des vestiges antiques. L’observation personnelle des vestiges est en effet, selon Wiltheim, le fondement de toute enquête sur le passé romain. L’auteur décrit donc minutieusement chaque vestige étudié et en fournit souvent un dessin à son lecteur.
L’interprétation des reliquats romains est finalement abordée dans le troisième point. Afin de comprendre les inscriptions, les représentations iconographiques et la nature des objets étudiés, l’érudit jésuite les compare aux textes des auteurs antiques (Pline, Virgile, Plaute…) ou avec d’autres vestiges romains. Ce faisant, il a abondamment recours aux grands recueils d’antiquités de son temps (Gruter, Bergier, Lipse…) et aux données que lui fournissent ses correspondants. Il se montre également attentif à l’histoire des techniques et à la datation des vestiges, deux champs d’études encore peu pris en compte par les antiquaires de son époque.
Original languageFrench
JournalCarnets du LARHRA [En ligne]
Volume2017-2018
Issue number1
Publication statusPublished - Feb 2019

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TY - JOUR

T1 - Sources et méthodes d’un antiquaire du XVIIe siècle

T2 - le jésuite Alexandre Wiltheim (1604-1684), « père de l’archéologie luxembourgeoise »

AU - Latteur, Olivier

PY - 2019/2

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N2 - Alexandre Wiltheim (1604-1684), auteur d’un manuscrit intitulé Luciliburgensia sive Luxemburgum Romanum, est certainement l’une des figures majeures de la vie intellectuelle dans les Pays-Bas méridionaux du XVIIe siècle. Pendant trois décennies, cet antiquaire jésuite a parcouru le duché de Luxembourg afin d’étudier son passé romain et, aujourd’hui, il est bien souvent considéré comme le « père de l’archéologie luxembourgeoise ». Cet article entend mettre en exergue les sources et la méthodologie qu’il a mises en œuvre.Un premier point de cette contribution est consacré au repérage et à la découverte des vestiges antiques. La grande diversité de sources utilisées par l’auteur y est mise en évidence : comme de nombreux antiquaires européens, il a eu recours aux itinéraires antiques, aux traditions locales, aux travaux d’érudits modernes et à ses réseaux de contacts. De manière beaucoup plus originale, il utilise aussi la toponymie, à partir de sources franques, et des observations topographiques.Le deuxième point porte sur la place de l’observation dans le processus d’étude des vestiges antiques. L’observation personnelle des vestiges est en effet, selon Wiltheim, le fondement de toute enquête sur le passé romain. L’auteur décrit donc minutieusement chaque vestige étudié et en fournit souvent un dessin à son lecteur. L’interprétation des reliquats romains est finalement abordée dans le troisième point. Afin de comprendre les inscriptions, les représentations iconographiques et la nature des objets étudiés, l’érudit jésuite les compare aux textes des auteurs antiques (Pline, Virgile, Plaute…) ou avec d’autres vestiges romains. Ce faisant, il a abondamment recours aux grands recueils d’antiquités de son temps (Gruter, Bergier, Lipse…) et aux données que lui fournissent ses correspondants. Il se montre également attentif à l’histoire des techniques et à la datation des vestiges, deux champs d’études encore peu pris en compte par les antiquaires de son époque.

AB - Alexandre Wiltheim (1604-1684), auteur d’un manuscrit intitulé Luciliburgensia sive Luxemburgum Romanum, est certainement l’une des figures majeures de la vie intellectuelle dans les Pays-Bas méridionaux du XVIIe siècle. Pendant trois décennies, cet antiquaire jésuite a parcouru le duché de Luxembourg afin d’étudier son passé romain et, aujourd’hui, il est bien souvent considéré comme le « père de l’archéologie luxembourgeoise ». Cet article entend mettre en exergue les sources et la méthodologie qu’il a mises en œuvre.Un premier point de cette contribution est consacré au repérage et à la découverte des vestiges antiques. La grande diversité de sources utilisées par l’auteur y est mise en évidence : comme de nombreux antiquaires européens, il a eu recours aux itinéraires antiques, aux traditions locales, aux travaux d’érudits modernes et à ses réseaux de contacts. De manière beaucoup plus originale, il utilise aussi la toponymie, à partir de sources franques, et des observations topographiques.Le deuxième point porte sur la place de l’observation dans le processus d’étude des vestiges antiques. L’observation personnelle des vestiges est en effet, selon Wiltheim, le fondement de toute enquête sur le passé romain. L’auteur décrit donc minutieusement chaque vestige étudié et en fournit souvent un dessin à son lecteur. L’interprétation des reliquats romains est finalement abordée dans le troisième point. Afin de comprendre les inscriptions, les représentations iconographiques et la nature des objets étudiés, l’érudit jésuite les compare aux textes des auteurs antiques (Pline, Virgile, Plaute…) ou avec d’autres vestiges romains. Ce faisant, il a abondamment recours aux grands recueils d’antiquités de son temps (Gruter, Bergier, Lipse…) et aux données que lui fournissent ses correspondants. Il se montre également attentif à l’histoire des techniques et à la datation des vestiges, deux champs d’études encore peu pris en compte par les antiquaires de son époque.

KW - Luxembourg

KW - antiquaire

KW - archéologie

KW - vestiges romains

KW - Antiquité

M3 - Article

VL - 2017-2018

JO - Carnets du LARHRA [En ligne]

JF - Carnets du LARHRA [En ligne]

SN - 2260-7633

IS - 1

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