Méditation sur une justice au-delà et en deçà de la loi et du gouvernement
: Vers une forme-de-vie destituante chez Agamben

Thèse de l'étudiant: Doc typesDocteur en Philosophie

Résumé

Dans notre enquête, nous avons tenté de faire advenir un autre usage de la justice qui prend distance par rapport au dispositif de la loi et du gouvernement réputés être les seules expressions autorisées pour penser l’idée de justice.

Le philosophe italien du désœuvrement - ou de l’inoperosità - nous a offert une voie destituante qui a rendu pour ainsi dire inopérants ces deux dispositifs sans pourtant les annuler. Ayant déblayé ces obstacles théorico-pratiques, nous avons également prolongé les limites de la pensée agambenienne tout en mettant l’accent sur une voie affirmative de la justice à condition d’affaiblir le caractère fortement destituant d’une pensée qui ne se préoccupe pas de faire valoir un autre type d’opérativité, mais qui, néanmoins, vise, en même temps, de penser sans cesse au-delà des barrières.

Nous pensons, en effet, que la question de la justice est ce qui rend possible une vie heureuse dans le vivre-ensemble et dont les imaginaires continuent d’ordonner la vie en société. Si nous renonçons à projeter un autre horizon ou si nous ne croyons plus que l’aspiration à une autre justice aient encore un sens aujourd’hui (sous prétexte que notre monde serait plus juste que celui dans lequel avaient vécu les générations précédentes), alors notre vie serait vide de sens faute d’être portée par une autre dynamique. D’autre part, si on bascule vers une voie fortement affirmative, nous risquons de retomber dans un projet biopolitique qui reconduirait la vie humaine à une œuvre déterminée qui fermerait tout possible et donc tout avenir.

C’est dans cette tension qu’a pris place notre méditation. À chaque étape de notre recherche nous avons affronté la difficulté de penser ce qui est forcément irreprésentable sans renoncer pour autant à formuler comme un possible réel une voie affirmative vers cette autre justice.

Dans la première partie – Du pouvoir souverain et la vie nue à la forme de vie – est mis en question le pouvoir et ses effets sur la vie sous la forme d’une destitution afin de faire advenir une autre puissance de vie, nommé forme-de-vie, c’est-à-dire une vie qui n’est plus évaluée à l’aune de son efficacité, mais demeure sans cesse ouverte au possible.

Dans le deuxième partie – Du désœuvrement du gouvernement et les institutions de pouvoir à la politique à venir – le geste de désœuvrement, qui est aussi un geste de profanation, porte sur la bureaucratisation de la politique en vue de faire advenir la politique à venir, c’est-à-dire un usage autre de la politique au-delà de l’idée du gouvernement.

Chaque partie est portée par un double mouvement : un mouvement destituant qui met en cause la loi (dans la première partie : il s’agit de défaire le lien qui unit la vie de l’homme et la soumet au pouvoir souverain à travers les dispositifs de la loi et du paradigme biopolitique) et le gouvernement (dans la deuxième partie : il s’agit de mettre en cause cette opérativité afin de susciter des institutions capables de soutenir une politique à venir). Le deuxième mouvement correspond chaque fois à une voie affirmative qui essaie de sortir de la voie purement destituante en proposant une forme performative de la vie et de la politique. La forme-de-vie est le résultat de la première partie et la politique à venir de la seconde.
la date de réponse26 juin 2020
langue originaleFrançais
L'institution diplômante
  • Universite de Namur
SuperviseurSebastien LAOUREUX (Promoteur), Etienne GANTY (Copromoteur), Louis CARRE (Président), Véronique Albanel (Jury) & Thomas Berns (Jury)

mots-clés

  • Justice
  • usage autre
  • loi
  • gouvernement
  • désoeuvrement
  • profanation
  • pouvoir souverain
  • vie nue
  • bureaucratisation
  • politique
  • destitution
  • médiation
  • opérativité
  • dispositif
  • puissance
  • vie
  • forme-de-vie
  • politique à venir
  • Agamben

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