Etude des impacts de la palourde asiatique, Corbicula spp., au sein de l'écosystème mosan
: Phylogénie, phylogéographie et écologie de palourdes androgénétiques invasives (Corbicula spp.)

Thèse de l'étudiant: Doc typesDocteur en Sciences

Résumé

Les palourdes du genre Corbicula sont natives d’Afrique, d’Australie, d’Asie et du Moyen Orient. Ces palourdes sont aussi des envahisseurs aquatiques prospères en Amérique depuis les années 1920 et en Europe depuis 1980. Le genre Corbicula présente divers modes de reproduction, incluant des espèces dioïques sexuées et des espèces hermaphrodites asexuées qui se reproduisent par androgenèse1. Les corbicules sont arrivées dans le tronçon néerlandais de la Meuse au début des années 1990 et elles ont envahi cette rivière vers l’amont avec un impact significatif sur le potamoplancton et probablement sur d’autres composants de l’écosystème. De nombreuses questions ont rapidement surgi et elles sont traitées dans cette étude : Quelles espèces du genre Corbicula sont présentes en Meuse et dans les autres rivières européennes ? Quelles caractéristiques biologiques peuvent expliquer le succès invasif des corbicules ? Quel est leur impact sur les écosystèmes fluviaux ? Nous avons mené une étude détaillée de la population de corbicules en Meuse par une approche phylogénétique et de génétique des populations et nous avons élargi notre étude en incluant des spécimens des autres régions envahies et de l’aire native. Nous avons étudié les relations phylogénétiques des populations de corbicules américaines, asiatiques et européennes en combinant des données morphométriques, de morphologie du sperme, de séquences d’ADN mitochondrial et de marqueurs microsatellites. Des discordances entre marqueurs mitochondriaux et nucléaires ont été observées et indiquent des phénomènes d’androgenèse entre lignées. Ceci complexifie la délimitation entre espèces et souligne la nécessité de combiner les données mitochondriales et nucléaires chez les organismes androgénétiques. L’androgenèse pourrait expliquer le succès invasif des corbicules car seules les lignées androgénétiques semblent largement répandues tandis que les sexuées semblent restreintes à leur distribution d’origine. Une diversité génétique limitée est observée au sein des populations invasives d’Europe et d’Amérique. Ceci pourrait suggérer l’introduction et la dispersion d’un nombre restreint de lignées asexuées. En plus de ces analyses génétiques, nous avons recensé les densités de corbicules en Meuse lorsque c’était possible, en parallèle à des expériences préliminaires en laboratoire. Celles-ci visaient à déterminer les taux de filtration des corbicules afin d’évaluer l’impact de ces filtreurs. Bien que des données complémentaires soient nécessaires, une approche de modélisation a été appliquée afin de dresser une première évaluation de l’impact de Corbicula sur la Meuse. 1 Dans ce mode de reproduction asexuée chez Corbicula, les chromosomes maternels sont éjectés sous forme de 2 globules polaires après la fécondation. La progéniture est donc constituée de clones (nucléaires) du père.
la date de réponse19 oct. 2011
langue originaleAnglais
L'institution diplômante
  • Universite de Namur
SuperviseurJean-Pierre DESCY (Copromoteur), Karine Van Doninck (Promoteur), Eric Depiereux (Président), Johan MICHAUX (Jury), T. BACKELJAU (Jury) & Jean-Nicolas BEISEL (Jury)

Contient cette citation

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