La fracture du crime : un révélateur de la trame anthropologique et de ses failles

Projet: Axe de recherche

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Description

Il s'agira de penser à nouveaux frais les rapports entre d'une part, la condition de l'homme aujourd'hui et d'autre part, le crime, ses modalités et sa psychopathologie.
(1) D'abord, sans négliger la personnalité et la pathologie individuelle, celles-ci sont à articuler avec les conditions sociales et culturelles génératrices de malaises, troubles identitaires et vacillement des processus d'individuation psychique et collective.
(2) Ensuite, penser le statut du crime aujourd'hui exige d'en réarticuler les trois niveaux de sens : d'abord comme fracture et marque de l'irréparable, ensuite comme révélateur de la trame anthropologique dans laquelle il s'actualise, et enfin comme réalisation désastreuse ou cristallisation en attente de symbolisation, en appel de décryptage. Par sa dimension de
déchirure révélatrice de la trame globale, les modalités du crime nous enseignent sur la situation commune, tout en convoquant à une responsabilité collective face aux risques de déchirure du lien et du pacte de confiance qui nous lie.
(3) Enfin, le rapport entre le crime et la psychopathologie est à repenser dans le cadre leur inscription respective dans la trame psychique individuelle et collective. Le crime (élargi aussi à la délinquance et à la transgression) serait déchirure de la trame d'un monde dans son intégrité, là où la folie serait déchirure de la trame de l'individuation psychique, variable selon le type de psychopathologie et de contexte. Tenter de saisir le crime conduit aux logiques de l'irréparable, tenter d'expliciter la folie conduit aux logiques de la déraison. La causalité liant crime et folie se trouve subvertie dans la mesure où l'un et l'autre peuvent être envisagés comme deux modalités de rupture dont il s'agirait d'entendre le péril, voire d'acter le désastre, tout en visant à entendre les potentialités révélatrices qu'elles contiennent.

Le corpus théorique préférentiellement mobilisé comprendra les approches psychanalytiques et psychopathologiques qui se sont attaché à éclairer les logiques du crime en rapport avec la subjectivité et le lien social. (Freud, Lacan, Debuyst, Balier, etc...) D'autres appuis multiples seront trouvés aussi bien dans la philosophie, la littérature, l'anthropologie ; un dialogue sera
établi avec les sciences sociales et juridiques.

Les divers déploiements de recherche s'attacheront à l'étude de figures contemporaines du crime ou de la transgression conjointement aux formes nouvelles de la psychopathologie et de la folie, avec en toile de fond la texture spécifique de la trame anthropologique révélée par ces crimes et ces folies.
Les études de cas et de situations seront privilégiées, afin d'éclairer les
enjeux, ouvrir des voies pour la prévention du crime - visant aussi à restituer une certaine plasticité de la trame permettant, lorsque des fractures se présentent, de rendre possible une réinscription autrement de ce qui a conduit à la destruction.

Trois champs particuliers seront explorés :
(1) Les troubles des conduites à l'adolescence et ce qu'ils signent quant aux difficultés d'inscription de la nouveauté et des failles de la pensée symbolique des métamorphoses de l'existence, la convocation à construire de nouveaux discours susceptibles d'inscrire ces métamorphoses.
(2) Les crimes sexuels et les figures de la manifestation de l'excès du sexuel aujourd'hui.
(3) Les meurtres d'enfant et ce qu'ils nous enseignent sur le statut accordé aujourd'hui à l'enfance.
statutEn cours d'exécution
Les dates de début/date réelle7/08/05 → …

mots-clés

  • responsabilite collective
  • trame anthropologique
  • crime
  • responsabilité collective