L’impact des produits chimiques sur les algues

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Jusqu’à présent, il était impossible de prédire l’impact d’un produit chimique sur l’écosystème aquatique », explique Frederik De Laender, professeur au Département de biologie de l’Université de Namur. En collaboration avec l’université de Gand, le chercheur a mis au point un nouveau modèle qui permet d’évaluer « l’impact qu’aura une certaine dose de produits sur la diversité d’une communauté ».

L’étude, publiée dans la revue Ecology Letters, a été menée sur une communauté de 40 à 50 espèces d’algues. Ce sont des espèces qu’on trouve dans nos rivières et eaux de surface. Les algues sont importantes car elles sont à la base de tout un écosystème : elles se font manger par des consommateurs primaires qui se font manger par des poissons qui finissent dans notre assiette.

Si on a une diversité réduite d’algues, on a donc une production réduite.

Trois pays étudiés:

Pour leur étude, les chercheurs ont utilisé des bases de données disponibles dans trois pays : Pays-Bas, France et Thaïlande. En France, c’est l’impact de métaux comme le cuivre ou le zinc qui a été étudié. Ces métaux sont des éléments naturels qu’on trouve dans l’environnement. Ils sont aussi essentiels pour notre corps mais lorsqu’ils sont présents en trop grandes quantités, ils vont affecter le fonctionnement des organismes. Dans les deux autres pays, ce sont les herbicides qui ont été pris en considération. « Ces produits sont utilisés par les agriculteurs pour éliminer les mauvaises herbes, mais une partie du produit va se déverser dans les eaux de surface où se trouvent les algues. Là, ils vont éliminer une partie des algues même si ce n’était pas le but des agriculteurs », explique Frederik De Laender.

Entre autres constats, les chercheurs ont observé que la variabilité de tolérance de toxicité est cinq à dix fois plus élevée entre des individus d’une même espèce qu’entre individus de différentes espèces. «Habituellement, les écotoxicologues ne considèrent que la variabilité entre deux espèces différentes en constatant que telle concentration d’un produit va affecter autant de pour cent d’une espèce. Mais nous avons démontré que la variabilité de tolérance au sein d’une espèce peut être plus grande qu’entre deux espèces différentes. 

Cette variabilité intra-espèce va servir d’assurance contre l’extinction de l’espèce en question », confie le professeur De Laender. Le modèle pourrait à présent être transposé à d’autres espèces (des consommateurs primaires, c’est-à-dire des animaux multicellulaires microscopiques) ou d’autres produits chimiques afin de pouvoir ensuite être utilisé par les autorités qui réglementent l’utilisation de ces produits en vue de protéger la biodiversité de nos eaux de surface. Il permet de déterminer le seuil au-delà duquel tel produit chimique va avoir un impact négatif sur l’écosystème ou au contraire de réguler une communauté en jouant sur la concentration d’un produit.

VIOLAINE JADOUL

 

période10 déc. 2013

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  • titre

    SCIENCES&SANTÉ

    Media name / outletLe Soir
    Durée / Longueur / FormatBruxelles
    la date10/12/13
    Producteur / AuteurVIOLAINE JADOUL
    PersonnesFrédérik De Laender