Abstract

Durant les dix dernières années, la législation électorale a connu plusieurs modifications importantes : abaissement de l’âge d’éligibilité à 18 ans pour le Parlement fédéral ; alignement des élections européennes, fédérales, régionales et communautaires ; interdiction de se porter candidat le même jour à des mandats incompatibles entre eux ; obligation pour chaque candidat d’exercer effectivement le dernier mandat en date pour lequel il a été élu ; parité en matière de genre sur les listes électorales ; limitation du cumul de mandats pour les députés wallons ; etc. L’un des effets potentiels de ces diverses dispositions est de favoriser un renouvellement accru du personnel politique.

Le présent Courrier hebdomadaire a pour objectif d’analyser dans quelle mesure une telle évolution a bien eu lieu. Dans cette perspective, il étudie le profil des parlementaires francophones, tel qu’il se présentait à l’automne 2015, et le compare avec la situation qui prévalait entre 2003 et 2007. Quatre assemblées sont passées en revue : la Chambre des représentants, le Sénat, le Parlement wallon et le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, soit les quatre assemblées qui comptent (ou qui, dans le cas du Sénat, comptaient avant 2014) des parlementaires francophones élus directement. Les critères pris en considération sont le genre, la classe âge, l’origine géographique, le niveau de formation, le milieu social d’origine, le statut de « professionnel de la politique » ou d’« employé politique », l’exercice d’un mandat local, et l’exercice d’un mandat européen, fédéral, régional ou communautaire avant le scrutin du 25 mai 2014. Pour chaque assemblée, un examen du profil sociologique propre à chaque parti politique est également réalisé.

Les résultats de l’étude mettent en question le caractère représentatif des assemblées parlementaires, au sens de miroirs de la société. En effet, il s’avère que les membres francophones des parlements fédéral, wallon et bruxellois ne présentent pas les mêmes caractéristiques sociologiques que celles des corps électoraux dont ils émanent. Certains segments de la société (notamment au plan culturel, social ou professionnel) sont surreprésentés dans les hémicycles, alors que d’autres en sont totalement absents. Les auteurs montrent que les questions qu’une telle situation pose depuis longtemps déjà restent pleinement d’actualité.
Original languageFrench
Number of pages53
JournalCourrier hebdomadaire du CRISP
Issue number2303
Publication statusPublished - 2016

Cite this

@article{57abd7e02c1241c8a6cdca5b7836aafb,
title = "Le profil des parlementaires francophones en 2015",
abstract = "Durant les dix derni{\`e}res ann{\'e}es, la l{\'e}gislation {\'e}lectorale a connu plusieurs modifications importantes : abaissement de l’{\^a}ge d’{\'e}ligibilit{\'e} {\`a} 18 ans pour le Parlement f{\'e}d{\'e}ral ; alignement des {\'e}lections europ{\'e}ennes, f{\'e}d{\'e}rales, r{\'e}gionales et communautaires ; interdiction de se porter candidat le m{\^e}me jour {\`a} des mandats incompatibles entre eux ; obligation pour chaque candidat d’exercer effectivement le dernier mandat en date pour lequel il a {\'e}t{\'e} {\'e}lu ; parit{\'e} en mati{\`e}re de genre sur les listes {\'e}lectorales ; limitation du cumul de mandats pour les d{\'e}put{\'e}s wallons ; etc. L’un des effets potentiels de ces diverses dispositions est de favoriser un renouvellement accru du personnel politique.Le pr{\'e}sent Courrier hebdomadaire a pour objectif d’analyser dans quelle mesure une telle {\'e}volution a bien eu lieu. Dans cette perspective, il {\'e}tudie le profil des parlementaires francophones, tel qu’il se pr{\'e}sentait {\`a} l’automne 2015, et le compare avec la situation qui pr{\'e}valait entre 2003 et 2007. Quatre assembl{\'e}es sont pass{\'e}es en revue : la Chambre des repr{\'e}sentants, le S{\'e}nat, le Parlement wallon et le Parlement de la R{\'e}gion de Bruxelles-Capitale, soit les quatre assembl{\'e}es qui comptent (ou qui, dans le cas du S{\'e}nat, comptaient avant 2014) des parlementaires francophones {\'e}lus directement. Les crit{\`e}res pris en consid{\'e}ration sont le genre, la classe {\^a}ge, l’origine g{\'e}ographique, le niveau de formation, le milieu social d’origine, le statut de « professionnel de la politique » ou d’« employ{\'e} politique », l’exercice d’un mandat local, et l’exercice d’un mandat europ{\'e}en, f{\'e}d{\'e}ral, r{\'e}gional ou communautaire avant le scrutin du 25 mai 2014. Pour chaque assembl{\'e}e, un examen du profil sociologique propre {\`a} chaque parti politique est {\'e}galement r{\'e}alis{\'e}.Les r{\'e}sultats de l’{\'e}tude mettent en question le caract{\`e}re repr{\'e}sentatif des assembl{\'e}es parlementaires, au sens de miroirs de la soci{\'e}t{\'e}. En effet, il s’av{\`e}re que les membres francophones des parlements f{\'e}d{\'e}ral, wallon et bruxellois ne pr{\'e}sentent pas les m{\^e}mes caract{\'e}ristiques sociologiques que celles des corps {\'e}lectoraux dont ils {\'e}manent. Certains segments de la soci{\'e}t{\'e} (notamment au plan culturel, social ou professionnel) sont surrepr{\'e}sent{\'e}s dans les h{\'e}micycles, alors que d’autres en sont totalement absents. Les auteurs montrent que les questions qu’une telle situation pose depuis longtemps d{\'e}j{\`a} restent pleinement d’actualit{\'e}.",
author = "Martine Paret and {\'E}lise Rousseau and Paul Wynants",
year = "2016",
language = "Fran{\cc}ais",
journal = "Courrier hebdomadaire du CRISP",
issn = "0008-9664",
publisher = "Centre de Recherche et d'Information Socio-Politiques (CRISP)",
number = "2303",

}

TY - JOUR

T1 - Le profil des parlementaires francophones en 2015

AU - Paret, Martine

AU - Rousseau, Élise

AU - Wynants, Paul

PY - 2016

Y1 - 2016

N2 - Durant les dix dernières années, la législation électorale a connu plusieurs modifications importantes : abaissement de l’âge d’éligibilité à 18 ans pour le Parlement fédéral ; alignement des élections européennes, fédérales, régionales et communautaires ; interdiction de se porter candidat le même jour à des mandats incompatibles entre eux ; obligation pour chaque candidat d’exercer effectivement le dernier mandat en date pour lequel il a été élu ; parité en matière de genre sur les listes électorales ; limitation du cumul de mandats pour les députés wallons ; etc. L’un des effets potentiels de ces diverses dispositions est de favoriser un renouvellement accru du personnel politique.Le présent Courrier hebdomadaire a pour objectif d’analyser dans quelle mesure une telle évolution a bien eu lieu. Dans cette perspective, il étudie le profil des parlementaires francophones, tel qu’il se présentait à l’automne 2015, et le compare avec la situation qui prévalait entre 2003 et 2007. Quatre assemblées sont passées en revue : la Chambre des représentants, le Sénat, le Parlement wallon et le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, soit les quatre assemblées qui comptent (ou qui, dans le cas du Sénat, comptaient avant 2014) des parlementaires francophones élus directement. Les critères pris en considération sont le genre, la classe âge, l’origine géographique, le niveau de formation, le milieu social d’origine, le statut de « professionnel de la politique » ou d’« employé politique », l’exercice d’un mandat local, et l’exercice d’un mandat européen, fédéral, régional ou communautaire avant le scrutin du 25 mai 2014. Pour chaque assemblée, un examen du profil sociologique propre à chaque parti politique est également réalisé.Les résultats de l’étude mettent en question le caractère représentatif des assemblées parlementaires, au sens de miroirs de la société. En effet, il s’avère que les membres francophones des parlements fédéral, wallon et bruxellois ne présentent pas les mêmes caractéristiques sociologiques que celles des corps électoraux dont ils émanent. Certains segments de la société (notamment au plan culturel, social ou professionnel) sont surreprésentés dans les hémicycles, alors que d’autres en sont totalement absents. Les auteurs montrent que les questions qu’une telle situation pose depuis longtemps déjà restent pleinement d’actualité.

AB - Durant les dix dernières années, la législation électorale a connu plusieurs modifications importantes : abaissement de l’âge d’éligibilité à 18 ans pour le Parlement fédéral ; alignement des élections européennes, fédérales, régionales et communautaires ; interdiction de se porter candidat le même jour à des mandats incompatibles entre eux ; obligation pour chaque candidat d’exercer effectivement le dernier mandat en date pour lequel il a été élu ; parité en matière de genre sur les listes électorales ; limitation du cumul de mandats pour les députés wallons ; etc. L’un des effets potentiels de ces diverses dispositions est de favoriser un renouvellement accru du personnel politique.Le présent Courrier hebdomadaire a pour objectif d’analyser dans quelle mesure une telle évolution a bien eu lieu. Dans cette perspective, il étudie le profil des parlementaires francophones, tel qu’il se présentait à l’automne 2015, et le compare avec la situation qui prévalait entre 2003 et 2007. Quatre assemblées sont passées en revue : la Chambre des représentants, le Sénat, le Parlement wallon et le Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, soit les quatre assemblées qui comptent (ou qui, dans le cas du Sénat, comptaient avant 2014) des parlementaires francophones élus directement. Les critères pris en considération sont le genre, la classe âge, l’origine géographique, le niveau de formation, le milieu social d’origine, le statut de « professionnel de la politique » ou d’« employé politique », l’exercice d’un mandat local, et l’exercice d’un mandat européen, fédéral, régional ou communautaire avant le scrutin du 25 mai 2014. Pour chaque assemblée, un examen du profil sociologique propre à chaque parti politique est également réalisé.Les résultats de l’étude mettent en question le caractère représentatif des assemblées parlementaires, au sens de miroirs de la société. En effet, il s’avère que les membres francophones des parlements fédéral, wallon et bruxellois ne présentent pas les mêmes caractéristiques sociologiques que celles des corps électoraux dont ils émanent. Certains segments de la société (notamment au plan culturel, social ou professionnel) sont surreprésentés dans les hémicycles, alors que d’autres en sont totalement absents. Les auteurs montrent que les questions qu’une telle situation pose depuis longtemps déjà restent pleinement d’actualité.

M3 - Numéro spécial

JO - Courrier hebdomadaire du CRISP

JF - Courrier hebdomadaire du CRISP

SN - 0008-9664

IS - 2303

ER -