Le Processus de Kimberley et la lutte contre le commerce des "diamants de sang"

Research output: Contribution to journalArticle

Abstract

Depuis le film Blood Diamond sorti en 2006, plus personne n’ignore la problématique des « diamants de sang » ou « diamants de conflit », c’est-à-dire des diamants bruts dont le commerce contribue au financement de conflits. Les pays emblématiques de ce phénomène sont entre autres l’Angola, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone.
Afin d’apporter une réponse politique à ce problème, un forum de négociation a été mis en place en mai 2000 : le Processus de Kimberley. Son but est de développer un cadre de régulation pour le commerce mondial des diamants bruts. À l’heure actuelle, il réunit 54 participants, à savoir 53 pays et l’Union européenne – qui représente, via la Commission européenne, l’ensemble de ses États membres –, soit un total de 81 pays. Il couvre ainsi 99,8 % de la production mondiale de diamants bruts. En outre, les négociations associent également des représentants de la société civile et des industriels du secteur.

Les travaux du Processus de Kimberley ont notamment abouti à un système de certification accompagnant les lots de diamants bruts entrant dans le marché mondial. En vigueur depuis le 1er janvier 2003, ce dispositif inédit est reconnu par le Conseil de sécurité des Nations unies. Si le forum international a déjà permis d’incontestables avancées dans la lutte contre le commerce des « diamants de sang », il n’en présente pas moins de sensibles limites, qui restreignent l’efficacité de son action.
Durant l’année 2018, la présidence du Processus de Kimberley est assurée par l’Union européenne. Les enjeux sont multiples. En particulier, l’Europe s’est fixé pour objectifs de lancer un cycle d’évaluation et de réforme, et de renforcer la structure tripartite, qui traverse actuellement une crise.
Original languageFrench
Pages (from-to)5-62
Number of pages57
JournalCourrier hebdomadaire du CRISP
Volume28
Issue number2353-2354
Publication statusPublished - 2017

Cite this

@article{baa0390de39f4f80a14af56eb8a9ba74,
title = "Le Processus de Kimberley et la lutte contre le commerce des {"}diamants de sang{"}",
abstract = "Depuis le film Blood Diamond sorti en 2006, plus personne n’ignore la probl{\'e}matique des « diamants de sang » ou « diamants de conflit », c’est-{\`a}-dire des diamants bruts dont le commerce contribue au financement de conflits. Les pays embl{\'e}matiques de ce ph{\'e}nom{\`e}ne sont entre autres l’Angola, la C{\^o}te d’Ivoire, la R{\'e}publique d{\'e}mocratique du Congo et la Sierra Leone.Afin d’apporter une r{\'e}ponse politique {\`a} ce probl{\`e}me, un forum de n{\'e}gociation a {\'e}t{\'e} mis en place en mai 2000 : le Processus de Kimberley. Son but est de d{\'e}velopper un cadre de r{\'e}gulation pour le commerce mondial des diamants bruts. {\`A} l’heure actuelle, il r{\'e}unit 54 participants, {\`a} savoir 53 pays et l’Union europ{\'e}enne – qui repr{\'e}sente, via la Commission europ{\'e}enne, l’ensemble de ses {\'E}tats membres –, soit un total de 81 pays. Il couvre ainsi 99,8 {\%} de la production mondiale de diamants bruts. En outre, les n{\'e}gociations associent {\'e}galement des repr{\'e}sentants de la soci{\'e}t{\'e} civile et des industriels du secteur.Les travaux du Processus de Kimberley ont notamment abouti {\`a} un syst{\`e}me de certification accompagnant les lots de diamants bruts entrant dans le march{\'e} mondial. En vigueur depuis le 1er janvier 2003, ce dispositif in{\'e}dit est reconnu par le Conseil de s{\'e}curit{\'e} des Nations unies. Si le forum international a d{\'e}j{\`a} permis d’incontestables avanc{\'e}es dans la lutte contre le commerce des « diamants de sang », il n’en pr{\'e}sente pas moins de sensibles limites, qui restreignent l’efficacit{\'e} de son action.Durant l’ann{\'e}e 2018, la pr{\'e}sidence du Processus de Kimberley est assur{\'e}e par l’Union europ{\'e}enne. Les enjeux sont multiples. En particulier, l’Europe s’est fix{\'e} pour objectifs de lancer un cycle d’{\'e}valuation et de r{\'e}forme, et de renforcer la structure tripartite, qui traverse actuellement une crise.",
keywords = "Processus de Kimberley, Diamants de sang, Diplomatie humanitaire, ONG, Union europ{\'e}enne",
author = "{\'E}lise Rousseau",
year = "2017",
language = "Fran{\cc}ais",
volume = "28",
pages = "5--62",
journal = "Courrier hebdomadaire du CRISP",
issn = "0008-9664",
publisher = "Centre de Recherche et d'Information Socio-Politiques (CRISP)",
number = "2353-2354",

}

Le Processus de Kimberley et la lutte contre le commerce des "diamants de sang". / Rousseau, Élise.

In: Courrier hebdomadaire du CRISP, Vol. 28, No. 2353-2354, 2017, p. 5-62.

Research output: Contribution to journalArticle

TY - JOUR

T1 - Le Processus de Kimberley et la lutte contre le commerce des "diamants de sang"

AU - Rousseau, Élise

PY - 2017

Y1 - 2017

N2 - Depuis le film Blood Diamond sorti en 2006, plus personne n’ignore la problématique des « diamants de sang » ou « diamants de conflit », c’est-à-dire des diamants bruts dont le commerce contribue au financement de conflits. Les pays emblématiques de ce phénomène sont entre autres l’Angola, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone.Afin d’apporter une réponse politique à ce problème, un forum de négociation a été mis en place en mai 2000 : le Processus de Kimberley. Son but est de développer un cadre de régulation pour le commerce mondial des diamants bruts. À l’heure actuelle, il réunit 54 participants, à savoir 53 pays et l’Union européenne – qui représente, via la Commission européenne, l’ensemble de ses États membres –, soit un total de 81 pays. Il couvre ainsi 99,8 % de la production mondiale de diamants bruts. En outre, les négociations associent également des représentants de la société civile et des industriels du secteur.Les travaux du Processus de Kimberley ont notamment abouti à un système de certification accompagnant les lots de diamants bruts entrant dans le marché mondial. En vigueur depuis le 1er janvier 2003, ce dispositif inédit est reconnu par le Conseil de sécurité des Nations unies. Si le forum international a déjà permis d’incontestables avancées dans la lutte contre le commerce des « diamants de sang », il n’en présente pas moins de sensibles limites, qui restreignent l’efficacité de son action.Durant l’année 2018, la présidence du Processus de Kimberley est assurée par l’Union européenne. Les enjeux sont multiples. En particulier, l’Europe s’est fixé pour objectifs de lancer un cycle d’évaluation et de réforme, et de renforcer la structure tripartite, qui traverse actuellement une crise.

AB - Depuis le film Blood Diamond sorti en 2006, plus personne n’ignore la problématique des « diamants de sang » ou « diamants de conflit », c’est-à-dire des diamants bruts dont le commerce contribue au financement de conflits. Les pays emblématiques de ce phénomène sont entre autres l’Angola, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone.Afin d’apporter une réponse politique à ce problème, un forum de négociation a été mis en place en mai 2000 : le Processus de Kimberley. Son but est de développer un cadre de régulation pour le commerce mondial des diamants bruts. À l’heure actuelle, il réunit 54 participants, à savoir 53 pays et l’Union européenne – qui représente, via la Commission européenne, l’ensemble de ses États membres –, soit un total de 81 pays. Il couvre ainsi 99,8 % de la production mondiale de diamants bruts. En outre, les négociations associent également des représentants de la société civile et des industriels du secteur.Les travaux du Processus de Kimberley ont notamment abouti à un système de certification accompagnant les lots de diamants bruts entrant dans le marché mondial. En vigueur depuis le 1er janvier 2003, ce dispositif inédit est reconnu par le Conseil de sécurité des Nations unies. Si le forum international a déjà permis d’incontestables avancées dans la lutte contre le commerce des « diamants de sang », il n’en présente pas moins de sensibles limites, qui restreignent l’efficacité de son action.Durant l’année 2018, la présidence du Processus de Kimberley est assurée par l’Union européenne. Les enjeux sont multiples. En particulier, l’Europe s’est fixé pour objectifs de lancer un cycle d’évaluation et de réforme, et de renforcer la structure tripartite, qui traverse actuellement une crise.

KW - Processus de Kimberley

KW - Diamants de sang

KW - Diplomatie humanitaire

KW - ONG

KW - Union européenne

UR - https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2017-28.htm

M3 - Article

VL - 28

SP - 5

EP - 62

JO - Courrier hebdomadaire du CRISP

JF - Courrier hebdomadaire du CRISP

SN - 0008-9664

IS - 2353-2354

ER -