Age de la minéralisation en Mn du district d'Imini (Maroc)

J. Barbarand, Augustin Dekoninck, Johan Yans, G. Ruffet, Bertrand Saint-Bézar, Yves Missenard, Rémi Lepretre, Omar Saddiqi

Research output: Contribution to conferenceAbstract

Abstract

La datation des minéralisations est un point clé pour reconstituer les mécanismes de concentration et caractériser les gisements. En domaine sédimentaire, l’âge de la formation porteuse de la minéralisation est souvent considéré, faute d’éléments discriminants plus précis, comme très proche de celui de la minéralisation, notamment lorsque la concentration est stratiforme. Le modèle métallogénique est donc fortement dépendant des environnements de dépôt (conditions physico-chimiques, source, mécanismes de concentration, …) et le rôle de phénomènes plus tardifs (déformation, remobilisation, …) apparaissent mal pris en compte. Le gisement de Mn d’Imini situé sur le front Sud du Haut Atlas au Maroc est exploité depuis 1928 et a produit, pour l’année 2006, 48 000 tonnes de minerai riche en Mn (> 92% poids de MnO2). Il se situe dans un domaine particulier où les schistes ordoviciens sont en contact avec la série mésozoïque par l’intermédiaire d’un accident de socle. Trois niveaux principaux minéralisés ont été reconnus à l’intérieur des calcaires dolomitiques marins du Cénomano-Turonien (intertidal à supratidal) intercalés entre les formations continentales des grès rouges de l’infra-Cénomanien et du Sénonien. La minéralisation est constituée essentiellement par de la pyrolusite (MnO2) à laquelle sont associés des oxydes de manganèse riches en cations du groupe de la hollandite sensu lato (Ba, hollandite sensu stricto ; Pb, coronadite ; K, cryptomélane). Le mode de formation et l’âge des gisements ont été largement discutés depuis Neltner (1933) jusqu’à Gutzmer et al. (2006) : le modèle accepté envisage une formation épigénétique à la fin du Turonien lors du remplissage de cavitéskarstiques à proximité de la ligne de rivage de la mer crétacée. Nous avons entrepris l’étude précise de la minéralisation (voir autre communication de Dekoninck et al., cette session) et séparé les cristaux de cryptomélane afin de réaliser une datation K/Ar et 40Ar/39Ar. Une phase significative de minéralisations à l’Eocène inférieur (+/- 50 Ma) est ainsi mise en évidence. Les échantillons analysés correspondent soit à des remplissages de fracture, soit à des cristaux localisés à l’intérieur de la masse de pyrolusite et correspondraient aux stades tardifs de la minéralisation. Il apparaît qu’une partie de la concentration en Mn s’est mise en place 1) plusieurs dizaines de Ma après la sédimentation, 2) lors d’un épisode de raccourcissement reconnu à l’échelle de l’Afrique du Nord en relation avec la convergence Afrique-Europe. Ces résultats autorisent un nouveau modèle métallogénique pour le district d’Imini : la mise en charge de fluides sur les zones de relief du Haut-Atlas naissant aurait généré un gradient hydraulique à l’origine de la circulation de fluides qui ont minéralisé les formations poreuses et perméables du Cénomano-Turonien. Gutzmer et al. (2006). Economic Geology 101, 385–405 ; Neltner, L. (1933). Publication du Bureau d’Etudes Géologiques et Minières Coloniales 2 81–144.
LanguageFrench
Pages16
Publication statusPublished - 5 Nov 2013
EventASF Congrès - Cité des Sciences, Paris, France
Duration: 4 Nov 20138 Nov 2013

Scientific committee

Scientific committeeASF Congrès
CountryFrance
CityParis
Period4/11/138/11/13

Cite this

Barbarand, J., Dekoninck, A., Yans, J., Ruffet, G., Saint-Bézar, B., Missenard, Y., ... Saddiqi, O. (2013). Age de la minéralisation en Mn du district d'Imini (Maroc). 16. Abstract from ASF Congrès, Paris, France.
Barbarand, J. ; Dekoninck, Augustin ; Yans, Johan ; Ruffet, G. ; Saint-Bézar, Bertrand ; Missenard, Yves ; Lepretre, Rémi ; Saddiqi, Omar. / Age de la minéralisation en Mn du district d'Imini (Maroc). Abstract from ASF Congrès, Paris, France.
@conference{30575ecc6dae4652900862cf85d7c8e6,
title = "Age de la min{\'e}ralisation en Mn du district d'Imini (Maroc)",
abstract = "La datation des min{\'e}ralisations est un point cl{\'e} pour reconstituer les m{\'e}canismes de concentration et caract{\'e}riser les gisements. En domaine s{\'e}dimentaire, l’{\^a}ge de la formation porteuse de la min{\'e}ralisation est souvent consid{\'e}r{\'e}, faute d’{\'e}l{\'e}ments discriminants plus pr{\'e}cis, comme tr{\`e}s proche de celui de la min{\'e}ralisation, notamment lorsque la concentration est stratiforme. Le mod{\`e}le m{\'e}tallog{\'e}nique est donc fortement d{\'e}pendant des environnements de d{\'e}p{\^o}t (conditions physico-chimiques, source, m{\'e}canismes de concentration, …) et le r{\^o}le de ph{\'e}nom{\`e}nes plus tardifs (d{\'e}formation, remobilisation, …) apparaissent mal pris en compte. Le gisement de Mn d’Imini situ{\'e} sur le front Sud du Haut Atlas au Maroc est exploit{\'e} depuis 1928 et a produit, pour l’ann{\'e}e 2006, 48 000 tonnes de minerai riche en Mn (> 92{\%} poids de MnO2). Il se situe dans un domaine particulier o{\`u} les schistes ordoviciens sont en contact avec la s{\'e}rie m{\'e}sozo{\"i}que par l’interm{\'e}diaire d’un accident de socle. Trois niveaux principaux min{\'e}ralis{\'e}s ont {\'e}t{\'e} reconnus {\`a} l’int{\'e}rieur des calcaires dolomitiques marins du C{\'e}nomano-Turonien (intertidal {\`a} supratidal) intercal{\'e}s entre les formations continentales des gr{\`e}s rouges de l’infra-C{\'e}nomanien et du S{\'e}nonien. La min{\'e}ralisation est constitu{\'e}e essentiellement par de la pyrolusite (MnO2) {\`a} laquelle sont associ{\'e}s des oxydes de mangan{\`e}se riches en cations du groupe de la hollandite sensu lato (Ba, hollandite sensu stricto ; Pb, coronadite ; K, cryptom{\'e}lane). Le mode de formation et l’{\^a}ge des gisements ont {\'e}t{\'e} largement discut{\'e}s depuis Neltner (1933) jusqu’{\`a} Gutzmer et al. (2006) : le mod{\`e}le accept{\'e} envisage une formation {\'e}pig{\'e}n{\'e}tique {\`a} la fin du Turonien lors du remplissage de cavit{\'e}skarstiques {\`a} proximit{\'e} de la ligne de rivage de la mer cr{\'e}tac{\'e}e. Nous avons entrepris l’{\'e}tude pr{\'e}cise de la min{\'e}ralisation (voir autre communication de Dekoninck et al., cette session) et s{\'e}par{\'e} les cristaux de cryptom{\'e}lane afin de r{\'e}aliser une datation K/Ar et 40Ar/39Ar. Une phase significative de min{\'e}ralisations {\`a} l’Eoc{\`e}ne inf{\'e}rieur (+/- 50 Ma) est ainsi mise en {\'e}vidence. Les {\'e}chantillons analys{\'e}s correspondent soit {\`a} des remplissages de fracture, soit {\`a} des cristaux localis{\'e}s {\`a} l’int{\'e}rieur de la masse de pyrolusite et correspondraient aux stades tardifs de la min{\'e}ralisation. Il appara{\^i}t qu’une partie de la concentration en Mn s’est mise en place 1) plusieurs dizaines de Ma apr{\`e}s la s{\'e}dimentation, 2) lors d’un {\'e}pisode de raccourcissement reconnu {\`a} l’{\'e}chelle de l’Afrique du Nord en relation avec la convergence Afrique-Europe. Ces r{\'e}sultats autorisent un nouveau mod{\`e}le m{\'e}tallog{\'e}nique pour le district d’Imini : la mise en charge de fluides sur les zones de relief du Haut-Atlas naissant aurait g{\'e}n{\'e}r{\'e} un gradient hydraulique {\`a} l’origine de la circulation de fluides qui ont min{\'e}ralis{\'e} les formations poreuses et perm{\'e}ables du C{\'e}nomano-Turonien. Gutzmer et al. (2006). Economic Geology 101, 385–405 ; Neltner, L. (1933). Publication du Bureau d’Etudes G{\'e}ologiques et Mini{\`e}res Coloniales 2 81–144.",
author = "J. Barbarand and Augustin Dekoninck and Johan Yans and G. Ruffet and Bertrand Saint-B{\'e}zar and Yves Missenard and R{\'e}mi Lepretre and Omar Saddiqi",
year = "2013",
month = "11",
day = "5",
language = "Fran{\cc}ais",
pages = "16",
note = "ASF Congr{\`e}s ; Conference date: 04-11-2013 Through 08-11-2013",

}

Barbarand, J, Dekoninck, A, Yans, J, Ruffet, G, Saint-Bézar, B, Missenard, Y, Lepretre, R & Saddiqi, O 2013, 'Age de la minéralisation en Mn du district d'Imini (Maroc)', Paris, France, 4/11/13 - 8/11/13, pp. 16.

Age de la minéralisation en Mn du district d'Imini (Maroc). / Barbarand, J.; Dekoninck, Augustin; Yans, Johan; Ruffet, G.; Saint-Bézar, Bertrand; Missenard, Yves; Lepretre, Rémi; Saddiqi, Omar.

2013. 16 Abstract from ASF Congrès, Paris, France.

Research output: Contribution to conferenceAbstract

TY - CONF

T1 - Age de la minéralisation en Mn du district d'Imini (Maroc)

AU - Barbarand, J.

AU - Dekoninck, Augustin

AU - Yans, Johan

AU - Ruffet, G.

AU - Saint-Bézar, Bertrand

AU - Missenard, Yves

AU - Lepretre, Rémi

AU - Saddiqi, Omar

PY - 2013/11/5

Y1 - 2013/11/5

N2 - La datation des minéralisations est un point clé pour reconstituer les mécanismes de concentration et caractériser les gisements. En domaine sédimentaire, l’âge de la formation porteuse de la minéralisation est souvent considéré, faute d’éléments discriminants plus précis, comme très proche de celui de la minéralisation, notamment lorsque la concentration est stratiforme. Le modèle métallogénique est donc fortement dépendant des environnements de dépôt (conditions physico-chimiques, source, mécanismes de concentration, …) et le rôle de phénomènes plus tardifs (déformation, remobilisation, …) apparaissent mal pris en compte. Le gisement de Mn d’Imini situé sur le front Sud du Haut Atlas au Maroc est exploité depuis 1928 et a produit, pour l’année 2006, 48 000 tonnes de minerai riche en Mn (> 92% poids de MnO2). Il se situe dans un domaine particulier où les schistes ordoviciens sont en contact avec la série mésozoïque par l’intermédiaire d’un accident de socle. Trois niveaux principaux minéralisés ont été reconnus à l’intérieur des calcaires dolomitiques marins du Cénomano-Turonien (intertidal à supratidal) intercalés entre les formations continentales des grès rouges de l’infra-Cénomanien et du Sénonien. La minéralisation est constituée essentiellement par de la pyrolusite (MnO2) à laquelle sont associés des oxydes de manganèse riches en cations du groupe de la hollandite sensu lato (Ba, hollandite sensu stricto ; Pb, coronadite ; K, cryptomélane). Le mode de formation et l’âge des gisements ont été largement discutés depuis Neltner (1933) jusqu’à Gutzmer et al. (2006) : le modèle accepté envisage une formation épigénétique à la fin du Turonien lors du remplissage de cavitéskarstiques à proximité de la ligne de rivage de la mer crétacée. Nous avons entrepris l’étude précise de la minéralisation (voir autre communication de Dekoninck et al., cette session) et séparé les cristaux de cryptomélane afin de réaliser une datation K/Ar et 40Ar/39Ar. Une phase significative de minéralisations à l’Eocène inférieur (+/- 50 Ma) est ainsi mise en évidence. Les échantillons analysés correspondent soit à des remplissages de fracture, soit à des cristaux localisés à l’intérieur de la masse de pyrolusite et correspondraient aux stades tardifs de la minéralisation. Il apparaît qu’une partie de la concentration en Mn s’est mise en place 1) plusieurs dizaines de Ma après la sédimentation, 2) lors d’un épisode de raccourcissement reconnu à l’échelle de l’Afrique du Nord en relation avec la convergence Afrique-Europe. Ces résultats autorisent un nouveau modèle métallogénique pour le district d’Imini : la mise en charge de fluides sur les zones de relief du Haut-Atlas naissant aurait généré un gradient hydraulique à l’origine de la circulation de fluides qui ont minéralisé les formations poreuses et perméables du Cénomano-Turonien. Gutzmer et al. (2006). Economic Geology 101, 385–405 ; Neltner, L. (1933). Publication du Bureau d’Etudes Géologiques et Minières Coloniales 2 81–144.

AB - La datation des minéralisations est un point clé pour reconstituer les mécanismes de concentration et caractériser les gisements. En domaine sédimentaire, l’âge de la formation porteuse de la minéralisation est souvent considéré, faute d’éléments discriminants plus précis, comme très proche de celui de la minéralisation, notamment lorsque la concentration est stratiforme. Le modèle métallogénique est donc fortement dépendant des environnements de dépôt (conditions physico-chimiques, source, mécanismes de concentration, …) et le rôle de phénomènes plus tardifs (déformation, remobilisation, …) apparaissent mal pris en compte. Le gisement de Mn d’Imini situé sur le front Sud du Haut Atlas au Maroc est exploité depuis 1928 et a produit, pour l’année 2006, 48 000 tonnes de minerai riche en Mn (> 92% poids de MnO2). Il se situe dans un domaine particulier où les schistes ordoviciens sont en contact avec la série mésozoïque par l’intermédiaire d’un accident de socle. Trois niveaux principaux minéralisés ont été reconnus à l’intérieur des calcaires dolomitiques marins du Cénomano-Turonien (intertidal à supratidal) intercalés entre les formations continentales des grès rouges de l’infra-Cénomanien et du Sénonien. La minéralisation est constituée essentiellement par de la pyrolusite (MnO2) à laquelle sont associés des oxydes de manganèse riches en cations du groupe de la hollandite sensu lato (Ba, hollandite sensu stricto ; Pb, coronadite ; K, cryptomélane). Le mode de formation et l’âge des gisements ont été largement discutés depuis Neltner (1933) jusqu’à Gutzmer et al. (2006) : le modèle accepté envisage une formation épigénétique à la fin du Turonien lors du remplissage de cavitéskarstiques à proximité de la ligne de rivage de la mer crétacée. Nous avons entrepris l’étude précise de la minéralisation (voir autre communication de Dekoninck et al., cette session) et séparé les cristaux de cryptomélane afin de réaliser une datation K/Ar et 40Ar/39Ar. Une phase significative de minéralisations à l’Eocène inférieur (+/- 50 Ma) est ainsi mise en évidence. Les échantillons analysés correspondent soit à des remplissages de fracture, soit à des cristaux localisés à l’intérieur de la masse de pyrolusite et correspondraient aux stades tardifs de la minéralisation. Il apparaît qu’une partie de la concentration en Mn s’est mise en place 1) plusieurs dizaines de Ma après la sédimentation, 2) lors d’un épisode de raccourcissement reconnu à l’échelle de l’Afrique du Nord en relation avec la convergence Afrique-Europe. Ces résultats autorisent un nouveau modèle métallogénique pour le district d’Imini : la mise en charge de fluides sur les zones de relief du Haut-Atlas naissant aurait généré un gradient hydraulique à l’origine de la circulation de fluides qui ont minéralisé les formations poreuses et perméables du Cénomano-Turonien. Gutzmer et al. (2006). Economic Geology 101, 385–405 ; Neltner, L. (1933). Publication du Bureau d’Etudes Géologiques et Minières Coloniales 2 81–144.

M3 - Résumé

SP - 16

ER -

Barbarand J, Dekoninck A, Yans J, Ruffet G, Saint-Bézar B, Missenard Y et al. Age de la minéralisation en Mn du district d'Imini (Maroc). 2013. Abstract from ASF Congrès, Paris, France.